20 Août 2014 – Communiqué de presse

Accra, Ghana – Olusegun Obasanjo, président de la Commission Ouest-africaine sur les Drogues (WACD) et Kofi Annan, président de la Fondation Kofi Annan rencontrent ce jour John Dramani Mahama, président de la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et Président du Ghana. Leur entretien portera sur les initiatives régionales prises en réponse à la menace croissante de la drogue en Afrique de l’Ouest.

En juin, la Commission Ouest-africaine sur les Drogues a publié un rapport dont les conclusions établissent que le trafic, la consommation et la production de drogues affaiblissent les institutions, représentent une menace pour la santé publique et mettent en péril les efforts pour le développement de l’Afrique de l’Ouest.

Selon le Président Obasanjo, « la CEDEAO jouit d’une position sans équivalent pour inciter les gouvernements d’Afrique de l’Ouest à collaborer et à faire front de concert à la menace que constituent les drogues». En effet, « seule un réponse régionale concertée peut raisonnablement espérer contrer les effets pernicieux de ce trafic bien organisé ».

Pour Kofi Annan, « répondre au défis posés par les drogues requiert de porter un regard pragmatique sur ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas. En sa qualité de président de la Commission Ouest-africaine sur les Drogues, Olusegun Obasanjo présentera ce jour au Président Mahama un rapport qui procède à une franche analyse de la situation et propose des recommandations qui, je l’espère, retiendrons l’attention des responsables au sein et en dehors de la région ».

Pour de plus amples informations, merci de consulter: www.wacommissionondrugs.org

Pour toute requête concernant la presse : media@kofiannanfoundation.org

A propos de la Commission Ouest-africaine sur les Drogues

Dirigée par l’ancien Président du Nigéria Olusegun Obasanjo, la Commission Ouest-Africaine sur les Drogues (WACD) a été créée en janvier 2013. Elle vise à répondre aux menaces sans cesse croissantes posées par les drogues en Afrique de l’Ouest. En consultation avec des partenaires régionaux et internationaux, des gouvernements et des organisations de la société civile, Kofi Annan a constitué une Commission qui a publié un rapport intitulé « Pas seulement une zone de transit : Drogues, Etat et Société en Afrique de l’Ouest » en juin 2014.

Ce rapport est l’aboutissement de dix mois d’investigations et de discussions menées par la Commission avec des acteurs nationaux, régionaux et internationaux tels que l’Union Africaine (UA), la Communauté Economique des Etats d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC). Il se nourrit d’une série de notes synthétiques rédigées par les meilleurs experts – d’Afrique et du reste du monde – sur les sujets abordés.

La Déclaration de la Commission Ouest-Africaine sur les drogues – Texte intégral :

L’Afrique de l’Ouest peut envisager l’avenir avec optimisme. Les guerres civiles ont reculé, la démocratie a gagné du terrain et nos économies sont en pleine croissance. Mais une nouvelle menace pèse sur ces progrès : avec la complicité d’acteurs locaux, les réseaux internationaux de trafic de drogue déstabilisent nos pays et nos communautés et détruisent des vies.

Après avoir examiné les faits, consulté des experts de la région et du monde entier, et nous être rendus dans plusieurs pays et communautés parmi les plus touchés d’Afrique de l’Ouest, nous, commissaires, sommes parvenus à un certain nombre de conclusions – détaillées dans ce rapport –sur la manière dont il convient de s’attaquer aux problèmes de trafic et de consommation de drogues.

Nous avons conclu qu’il convenait de considérer l’usage de drogues avant tout comme un problème de santé publique. Les usagers de drogues ont besoin d’aide et non de sanctions.

Nous estimons que la consommation et la détention de drogues pour un usage personnel ne devrait pas constituer un crime. L’expérience montre que la criminalisation de l’usage de drogues aggrave les problèmes sanitaires et sociaux, pèse lourdement sur le système pénal et encourage la corruption.

Nous abhorrons les trafiquants et leurs complices, lesquels doivent être jugés avec la plus grande fermeté. Cependant l’application de la loi ne doit pas se faire au détriment des personnes pauvres, vulnérables et moins éduquées, tandis que les puissants et ceux qui ont des contacts bien placés passent à travers les mailles du filet.

L’Afrique de l’Ouest ne doit pas devenir la nouvelle ligne de front de la « guerre contre la drogue », laquelle n’a d’ailleurs permis ni de réduire la consommation de drogues ni d’évincer les trafiquants.

Nous enjoignons la communauté internationale à partager le fardeau crée par l’essor du trafic en Afrique de l’Ouest, qui ne produit ni ne consomme la plupart des drogues qui transitent par la région. Les nations dont les citoyens consomment de grandes quantités de drogues illicites se doivent d’apporter leur contribution et de proposer des solutions humaines afin de faire reculer la demande.

Nous exhortons les dirigeants politiques d’Afrique de l’Ouest à unir leurs efforts pour changer les lois et les politiques qui se sont révélées inefficaces, en collaboration avec la société civile, qui doit être pleinement impliquée dans ce processus. C’est seulement ainsi que nous pourrons protéger nos populations, mais aussi nos institutions politiques et judiciaires, des dommages causés par les drogues illicites.



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